En effectuant la recherche de creux magnétiques, nous avons mis en évidence deux
configurations magnétiques pouvant supporter le filament. À l'aide des
observations magnétiques (MDI) et dans la raie H
, nous en déduisons
que la configuration la plus probable est le long tube de flux torsadé. Le
filament doit être en réalité supporté par une série de longs tubes
de flux torsadés. On suppose que ces tubes ne sont pas présents dans la
configuration magnétique étudiée du fait des valeurs limites imposées
aux composantes du champ magnétique : tous les tubes de flux dont la valeur
du champ magnétique transverse aux pieds est de l'ordre de 200 G sont
remplacés par des tubes de flux potentiels (
).
On peut aussi noter que la configuration quadripolaire se retrouve pour les cas potentiel et sans-force linéaire, mais avec une orientation différente par rapport à la ligne d'inversion de la composante longitudinale du champ magnétique (pas ou peu de cisaillement). Le long tube de flux torsadé n'est présent que pour le cas sans-force non linéaire.
On peut s'interroger sur la présence de la configuration quadripolaire et son implication dans la structure du filament. Les creux magnétiques apparaissant dans cette configuration sont proches de la photosphère. On peut envisager que cette structure est associée :
|
Le filament étudié est impliqué dans une éruption de la région active 8151. La configuration magnétique a été obtenue à partir d'un magnétogramme vectoriel enregistré environ 20 heures avant le phénomène éruptif. Pour pouvoir proposer un mécanisme de l'éruption, nous pouvons alors soit nous référer aux modèles existants impliquant des filaments représentés par des tubes de flux torsadés (e. g., gol60 ; hir74 ; stu89 ; mar89) mais les informations fournies par les observations coronales ne sont pas assez nombreuses pour conclure, soit étudier la stabilité de la configuration magnétique étudiée à partir d'un code d'évolution MHD (ama99 ; ama00).
L'étude des creux magnétiques permet de définir la structure du filament dans la région active. Une détermination plus précise des composantes transverses du champ magnétique photosphérique permettrait d'analyser plus en détails la structure du filament : les variations du champ magnétique supportant le filament, les variations de l'altitude, la longueur du filament, ... Afin de comprendre pour quelles raisons ces tubes de flux sont privilégiés pour acceuillir la matière du filament, une analyse thermodynamique du plasma le long des lignes de champ composant le tube de flux torsadé est actuellement en développement.