Pour expliquer les oscillations observées, de nombreux travaux théoriques ont été effectués (sch98 ; oli99). Les modèles développés sont extrêment sensibles aux paramètres suivants : la géométrie de la protubérance (plane parallèle, parallélépipédique, ...), la structure du champ magnétique (champ constant, structure du type kip57, ...), les conditions d'équilibre avec le milieu extérieur (équilibre de la pression cinétique, équilibre magnétohydrostatique, ...), l'orientation du vecteur d'onde (parallèle ou perpendiculaire à l'axe du filament, ...).
L'étude des oscillations passe effectivement par une étude de la stabilité
de la structure considérée (cf. Chap. 2). Pour des paramètres de
protubérance appartenant aux intervalles de valeurs observées,
gal87 a démontré que les modèles de men51, dun53,
kip57, ler80 sont stables et que les oscillations sont soit
perpendiculaires au plan de la protubérance avec des périodes de
40
min (men51), de
16 min (kip57) ou de
17-50 min
(ler80), soit horizontales et dans le plan de la protubérance avec
des périodes de
55-80 min (dun53). Ces différentes
périodes sont associées à des ondes magnétoacoustiques. gal87 a aussi
démontré que seule la configuration proposée par kip57 restait
stable si les paramètres appliqués étaient différents des paramètres
d'une protubérance quiescente. Dans une revue décrivant les ondes dans
l'atmosphère solaire, rob92 propose trois modèles simples
d'oscillation dans les protubérances. En particulier, il définit une
protubérance comme un parallélépipède rectangle de hauteur H, de
longueur L et d'épaisseur 2a. Ce modèle est développé par
joa92a (joa92a, b et joa93) en considérant que
la protubérance de température
et de densité
est
plongée dans un milieu coronal de température
et de densité
possédant un champ magnétique orienté soit suivant la longueur
L (joa92a), soit perpendiculairement à la longueur L
(joa92b), soit plus généralement dans le plan parallèle à
la photosphère (joa93, Fig. V.8). Les hypothèses utilisées pour
construire ces modèles sont : le champ magnétique est uniforme et identique dans
la protubérance et le milieu extérieur, la gravité est négligée, les
lignes de champ sont parallèles à la photosphère et fixées à des
murs rigides parfaitement conducteurs simulant l'ancrage des lignes de champ
dans la photosphère. Les ondes MHD (Alfvén et magnétoacoustiques) ainsi
mises en évidence ont permis d'identifier un mode magnétoacoustique
rapide (resp. un mode d'Alfvén) aux modes observés avec une période de 3-6
min (resp.
16 min). En considérant la courbure du champ
magnétique suivant le modèle de kip57 ainsi que la gravité
(Fig. V.1 à gauche), oli92 suggèrent que
les courtes périodes observées correspondent à un mode
magnétoacousto-gravitique lent. Notons cependant que pour un filament observé sur le disque,
les modes lents sont difficiles à détecter au contraire des modes rapides.
Plus récemment, joa97 ont considéré la structure fine des filaments en
les définissant comme une série de creux magnétiques remplis par de la
matière plus dense et plus froide que le milieu coronal environnant
(Fig. V.1 à droite). Pour un plasma à
nul (sans
pression cinétique), les auteurs trouvent que les modes magnétoacoustiques
rapides "kink" produisent les courtes périodes (2-15 min). Ce modèle est
plus proche des observations que les modèles définissant la protubérance
comme un parallélépipède rectangle (e.g., joa93), mais ne
décrit pas tous les modes MHD pouvant exister dans un filament.
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L'ensemble de ces modèles s'accorde pour conclure que les oscillations dans les filaments se caractérisent par la propagation d'ondes MHD et que les périodes calculées sont très sensibles au sens de propagation de l'onde et à la structure du champ magnétique. La gravité ne conduit, apparemment, qu'à une diminution de la fréquence des ondes. Dans la suite, nous avons exclusivement utilisé le modèle de joa93 pour identifier les modes observés.